Pourquoi parle-t-on de « bronca » quand le public gronde ?

Pourquoi parle-t-on de « bronca » quand le public gronde ?

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On parle de bronca quand les supporters grondent et manifestent leur colère dans les tribunes

Les habitués des stades de foot connaissent parfaitement le phénomène. Lorsqu’une équipe a « la baraka », elle déclenche parfois une « ola », mais lorsqu’elle se plante, elle a plutôt droit à une jolie « bronca ». Demandez donc à l’équipe du Brésil lors de la dernière Coupe du Monde. Mais c’est de la tauromachie et de l’univers de la corrida, et non du ballon rond, que vient cette expression. En espagnol, le mot « bronca » signifie une « dispute », une « engueulade ».

Mouchoirs blancs et jets de coussins

Réputés connaisseurs et exigeants, les « aficionados » n’hésitent pas à exprimer bruyamment leur mécontentement. Et dans l’arène, tout le monde y passe : le matador (quand il rate l’estocade par exemple), les « peones » (assistants torero), l’éleveur et même… le taureau, s’il a le mauvais goût de se laisser tuer sans lutter. Au début du XXe siècle, certaines broncas « géantes » sont restées dans l’Histoire : prise d’assaut de la loge présidentielle, envahissement de la piste par des spectateurs jouant les toreros (et finissant embrochés), début d’émeute… La version plus « soft » consiste à jeter des coussins ou à sortir des mouchoirs blancs en signe de deuil. Une pratique également en vigueur (les mouchoirs) au Nou Camp, l’antre du Barça.

Le petit bonus : en corrida, la plus grosse humiliation pour un matador n’est pas la bronca, mais au contraire le silence glacial du public.

Une sortie sous les coussins pendant une corrida, une bronca géante. Le mot bronca vient d'ailleurs de la tauromachie, très en vogue en Espagne