Pourquoi les All Blacks font-ils le haka ?

Pourquoi les All Blacks font-ils le haka ?

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Le Kapa o Pango, l'un des nombreux hakas, se termine par un égorgement.

Les All Blacks aiment sentir la peur dans les yeux de l’ennemi. Comme si leur mythique maillot noir ne faisait pas déjà assez flipper, les rugbymen néo-zélandais passent une seconde couche à leurs « victimes » du jour avant le coup d’envoi : c’est le fameux haka. D’ailleurs, un match des All Blacks n’en serait pas vraiment un sans cette petite chorégraphie guerrière. Mais d’où sort-elle ? Et haka ça sert ? Pardon, à quoi ça sert ? Voici deux-trois petites choses à savoir sur ce drôle de rituel.

# Un rituel maori

Il s’agit en fait d’une tradition ancestrale des Maoris, population installée en Nouvelle-Zélande bien avant l’arrivée des colons. Chez les tribus maories, toutes les occasions étaient bonnes pour se lancer dans cette danse rituelle : unions, départ à la guerre, célébrations en tous genres… Si depuis 1884, l’équipe de rugby effectue le haka, c’est évidémment pour tétaniser l’adversaire. Une arme psychologique, mais pas seulement. Il s’agit aussi d’un symbole fort, « le dénominateur commun, le pont entre les blancs et les MaoUn maori effectuant le hakaris », comme l’explique Malcolm Mulholland, spécialiste du rugby « kiwi ». Aujourd’hui connu dans le monde entier, il fait partie du patrimoine culturel du pays.

# Y a plus ka mate

Il existe des centaines de hakas différents, mais celui exécuté au rugby est en général le ka mate (ou sa version alternative : le kapa o pango). Concrètement, cette séquence d’avant-match se déroule à peu près comme ça : les quinze armoires à glace « made in New-Zealand » s’installent à quelques pas de l’adversaire, se tapent les genoux, les bras, la poitrine, font des petits sauts de cabri avant (éventuellement) de simuler un égorgement, la langue pendante et les yeux exorbités… Sympa non ? Ce n’est pas forcément le capitaine qui mène le haka, mais celui qui a le mana, la « fierté ». L’essentiel est de comprendre les paroles en te reo (la langue maorie, rien à voir avec la « stéréo »), et d’en être impregné.

# L’art délicat du haka

Faire le haka, c’est bien. Bien le faire, c’est mieux. Bien que spectaculaire, l’implantation de cette discipline dans le monde du ballon ovale a été assez chaotique. En effet, les tribus maories s’arrachaient souvent les cheveux en voyant les pakehas (les blancs) massacrer leur haka. Dans les années 80, des émissaires ont donc gentiment demandé aux joueurs : « S’il-vous-plaît les gars, sLe Haka des All Blacks de  Ma'a Nonu donne parfois lieu à des grimaces et mimiques amusantes.oit vous le faîtes bien, soit vous ne le faîtes pas du tout ». Depuis, l’interprétation est nettement plus convaincante.

# Haka forever

Jonah Lomu, Tana Umaga, Richie McCaw et bien des générations de All Blacks avant eux ont fièrement perpétué la tradition. En 2004 pourtant, le haka a bien failli disparaître des terrains de rugby, taxé de « folklore » et accusé par certains de déconcentrer autant les Blacks que l’équipe en face. Heureusement après mûre réflexion, et grâce à des discussions avec les anciens, la tradition a finalement survécu. A noter que d’autres équipes du Pacifique (Samoa, Tonga, Fidji…) possèdent aussi leur haka.

Vous remarquerez que la frontière entre un haka crédible et un haka raté est extrêmement ténue. La preuve…

Le Haka Macarena, mené par le capitaine des Blacks néo-zélandais Richie McCaw

Le petit bonus : en 2007, le XV de France de Chabal avait défié les All Blacks durant le haka, front contre front. Un crime de « lèse-protocole » bourré de testostérone…