Pourquoi dit-on « se battre comme des chiffonniers » ?

Pourquoi dit-on « se battre comme des chiffonniers » ?

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Quand des personnes se disputent violemment, on dit qu'ils se battent comme des chiffonniers

Se battre comme des chiffonniers, c’est se disputer bruyamment, voire violemment, mais souvent de façon un peu puérile. Pour comprendre l’origine de cette expression, il faut rappeler ce qu’étaient les chiffonniers, une profession aujourd’hui tombée dans l’oubli. Le chiffonnier passait de ville en ville, de maison en maison avec sa carriole pour collecter des objets ou matériaUn chiffonnier à Paris, par Atget. Au début du XXe siècle, le photographe a arpenté la capitale de long en large, réalisant un travail documentaire aussi précieux que titanesque.ux usagés. Il rachetait ainsi des peaux de lapin, de la ferraille, du verre ou des vieux vêtements pour les revendre à des usines de textile, de métalurgie, etc…

Des chiffonniers au sang chaud

Mais l’activité la plus lucrative était, semble-t-il, la collecte de vieux chiffons, à une époque où le papier était principalement fabriqué à base de chiffes. Le ramassage des chiffons donnait donc lieu à une compétition acharnée, style guerre de territoires. Et les chiffonniers, souvent très jeunes et pas du genre chiffes molles, n’hésitaient pas à s’empoigner et à sortir la boîte à bourre-pifs pour doubler la concurrence, et aller revendre leur « butin » aux papetiers. Une réputation de bagarreurs renforcée par leur côté côté « mal fagotté » et un langage fleuri. Le photagraphe Eugène Atget, grand observateur du Paris du début XXe, a immortalisé ces chiffonniers (ici à droite), qui ont peu à peu disparu avec la généralisation du ramassage des ordures. Encore que : aujourd’hui, les « biffins » ont plus ou mois repris le flambeau à Paris.

Le petit bonus : à l’époque, les chiffonniers n’avaient vraiment pas le temps de parler chiffons. Un comble…

Les chiffonniers se battaient pour collecter les vieux chiffons, qu'ils revendaient à prix d'or aux usines de papier de l'époque.