Pourquoi dit-on « pour des prunes » ?

Pourquoi dit-on « pour des prunes » ?

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Compter-pour-des-prunes, c'est ne pas avoir de valeur ou d'importance. L'expression remonte au temps des croisades.

« Les brunes comptent pas pour des prunes », comme le répétait en boucle la philosophe Lio. Nous n’entrerons pas ici dans le débat brunes/blondes, trop compliqué. La question qui nous taraude est : pourquoi la prune est-elle devenue synonyme de « rien du tout », « peanuts », que dalle ? Il y a longtemps que la prune ne désigne plus seulement le fruit. Depuis le XIIIe siècle, elle peut vouloir dire un coup (« prendre une prune »), de la chance/malchance ou bien encore quelque chose sans aucune valeur, donc.

Des prunes par l'illustrateur Christian Creseveur. Merci à lui pour ce dessin qui ne compte pas pour des prunes.

Tout ça pour des prunes ?

L’origine de ce dernier sens est assez étonnante puisqu’elle remonte au temps… des Croisades. La seconde d’entre elles (1147-1149) fut en effet un fiasco, symbolisé par le siège de Damas. Les Croisés du roi Louis VII s’y sont cassé les dents, avant d’être chassés au bout de quatre jours. Mais pour ne pas rentrer bredouille, ils ramenèrent en France des pieds de pruniers, dont ils avaient pu apprécier la douceur du fruit. A leur retour, et alors qu’ils avaient échoué dans leur quête, on leur reprocha d’être allés là-bas uniquement « pour des prunes ».

Merci à Christian Creseveur pour l'illustration, découvrez ses dessins de presse par ici
Le petit bonus : la prune que vous venez de prendre en faisant le « kéké » sur l’autoroute vient, elle, du sens « prendre un coup ».

Un radar qui n'est pas là pour rien sur la commune de La Prune. L'expression "prendre une prune" pour une contravention vient du sens de "prendre un coup".