Pourquoi dit-on « faire un boeuf » en musique ?

Pourquoi dit-on « faire un boeuf » en musique ?

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Faire un boeuf en musique

Le boeuf n’est pas forcément très habile une guitare à la patte. A priori, il n’a rien d’un mélomane non plus : à part « meuh », le répertoire est assez limité. Pourtant, quand des musiciens se lancent ensemble dans une session improvisée, on dit qu’ils font un « boeuf ». En version anglo-saxonne, langue quasi-officielle niveau « zique », on parle de « jam session », ou de « jam » tout court. Alors, que vient faire le bovin dans cette affaire ?

Un temple du jazz parisien

En fait, l’expression « taper un boeuf » vient du nom d’un restaurant (qui existe toujours), « Le boeuf sur le toit », dans le 8ème arrondissement de Paris. Dans les années 1920, ce cabaret situé à deux pas des Champs-Elysées était fréquenté par le Tout-Paris artistique, réuni autour de Jean Cocteau. Temple du jazz, c’était aussi le repaire de nombreux musiciens en herbe, parmi lesquels Léo Ferré, Trenet, Mouloudji… Tout ce petit monde avait pris l’habitude, en fin de soirée, de se lancer dans des impros effrénées. Très vite, faire une « jam » au « Boeuf sur le toit » a donc été raccourci en « faire un boeuf ».

Le petit bonus : sinon, beaucoup de « musicos » se voient plus gros que le boeuf, mais ne dépassent pas l’étape de leur chambre.
« Le boeuf sur le toit » avant…
Le restaurant Le boeuf sur le toît aujourd'hui
… et aujourd’hui