Pourquoi dit-on « ne pas être sorti de l’auberge » ?

Pourquoi dit-on « ne pas être sorti de l’auberge » ?

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L'expression ne pas être sorti de l'auberge est une référence au monde de la prison, où il est facile de rentrer mais dont il n'est pas simple de s'évader

Quand une personne croule sous les ennuis, et qu’elle n’est pas près d’en avoir fini avec, on dit qu’elle n’est « pas sortie de l’auberge ». Pourtant, les auberges sont censées être des endroits plutôt sympas et accueillants. Alors pourquoi les associer à des problèmes sans fin ? Parce qu’à l’époque l’alcool coulait à flot dans les tavernes, lieux de débauche et d’excès fréquentés par des patachons ? Et les soirées trop arrosées annoncent des réveils difficiles… Et bien pas du tout. Peut-être à cause de l’auberge de Peyrebeille alors, la tristement célèbre « Auberge rouge » ? Au XIXe siècle en effet, durant 26 ans, ses charmants tenanciers y assassinaient leurs clients afin de les dépouiller. De fait, personne ne ressortait jamais de l’auberge…

Une auberge un peu particulièreNe pas être sorti de l'auberge. Cette expression voulait dire être en prison, derrière les barreaux, et condamné à y rester.

Hypothèse séduisante, mais l’origine de l’expression se trouve ailleurs. Dans l’argot des brigands et mauvais garçons, « l’auberge » désignait la prison. Normal : la « taule » est un endroit où l’on est logé, nourri et parfois blanchi, comme à l’hôtel. Le grand luxe. En plus, on y entrait facilement, en y mettant un peu du sien. Par contre pour en sortir (vivant), c’était une autre paire de manches. Celui qui rentrait à « l’auberge » savait parfaitement qu’il allait morfler et devrait s’accrocher pour survivre dans un univers carcéral violent et hostile. Et à l’époque, il fallait faire sans télé ni téléphone portable…

Le petit bonus : « On n’est pas sorti de l’auberge » est aussi un chef-d’oeuvre de série Z signé Max Pécas, le roi du nanar, avec Jean Lefèbvre et Bernadette Lafont. Un « must see ».