Pourquoi dit-on « faire chou blanc » ?

Pourquoi dit-on « faire chou blanc » ?

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Un chou blanc et un chou rouge. L'expression faire chou blanc vient de la région du Berry, où les habitants prononçaient "coup blanc"

Faire « chou blanc », c’est rater son coup, subir un échec, bref avoir failli dans la mission que l’on s’était fixée. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette expression n’a rien à voir avec le légume. N’imaginez pas le pauvre chou blanc comme la honte du potager, le vilain petit canard des Brassicacées, alors que le chou rouge en serait la star, le « chouchou » du maraîcher. En fait la locution viendrait du Berry, cette belle vieille province du Centre de la France, entre Indre et Cher.

Pas de prise de chou

Dans le temps, en dialecte berrichon, un « coup » se prononçait un « choup ». Or au XVIe siècle, le jeu de quilles était très en vogue dans le coin. Et quand un joueur ratait son coup et n’abattait aucun plot, on disait qu’il faisait un « coup blanc », donc un « chou(p) blanc ». Certes, cette hypothèse n’est pas certaine à 100%. Mais pas la peine de se « prendre le chou » à chercher une explication infaillible car, comme le dit le Littré, qui n’a rien d’une feuille de chou : « Si on n’admet pas cette explication (celle des quilles, ndlr), la locution reste tout à fait obscure ». Une chose est sûre : depuis le temps, les Berry (Richard, Marilou, Halle…) sont passés chez l’orthophoniste, et prononcent désormais très bien les « k ».

Gravure d'un jeu de quilles au XVIIe siècle. C'est ce jeu qui a donné l'expression faire chou blanc, à cause d'un défaut de prononciation.
Gravure d’un jeu de quilles au XVIIe siècle
Le petit bonus : une autre piste renvoie à la fumée blanche qui s’échappait du canon d’une arme à feu quand un coup/choup était tiré.

Faire chou blanc pourrait venir de la fumée blanche visible après un coup de feu