Pourquoi dit-on un « bouc émissaire » ?

Pourquoi dit-on un « bouc émissaire » ?

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L'image du bouc émissaire est tiré de l'Ancien Testament, quand Jésus demande à Moïse de faire porter tous les péchés de l'homme par un pauvre bouc.

Le bouc émissaire, c’est celui qui prend pour tout le monde, celui sur lequel on fait retomber tous les torts. Un mécanisme de défense (voire de survie) classique, qui consiste à rejeter une faute collective sur une seule personne, qui n’y est d’ailleurs souvent pour rien. A l’école, au bureau ou dans n’importe quelle communauté de plus de deux personnes, il y a toujours un bouc émissaire que l’on sacrifie en cas d’échec (allons, allons, soyez honnête). Mais d’où sort ce drôle de bouc ? Certes le capridé, dont l’odeur a tendance à chatouiller les naseaux, a une bonne tête de victime. Mais pas forcément d’émissaire : on ne lui confierait pas spontanément une mission diplomatique.

Le bouc émissaire, ou comment charger la mule

Le bouc émissaire se réfère à l’expiation, une doctrine religieuse censée effacer les « souillures » de l’homme, le purifier de ses péchés (et il y a du boulot…). Pour ça, on n’a rien trouvé de mieux que de se défausser sur la bête à cornes. Dans l’Ancien Testament, Dieu demande en effet à Moïse de faire porter toutes les fautes de l’homme sur un bouc. En posant ses mains sur la tête de l’animal, un prêtre le charge symboliquement de tous les péchés d’Israël, avant de l’envoyer dans le désert d’Azazel (ou verAu bureau, à l'école ou dans une communauté, une victime expiatoire fait toujours office de bouc émissaires le démon Azazel, selon les interprétations) avec ce fardeau. L’homme était ainsi lavé de ses péchés, et n’avait plus qu’à recommencer de plus belle. Pratique, non ?

Bouc, agneau, etc…

En latin, cette image a donné la formule « caper emissarius », c’est-à-dire « le bouc envoyé » ou « en partance ». Voilà, c’est tombé sur le bouc un peu par hasard, parce qu’il passait par là. Mais on aurait très bien pu parler de vache-émissaire, ou d’âne-émissaire… Précisons que Jésus lui-même jouera plus tard les victimes expiatoires, le bouc étant remplacé pour l’occasion par un un « agneau de Dieu » expiant les péchés du monde. Pareil, mais les cornes en moins.

Le petit bonus floral : non, le « bouquet misère » ça n’existe pas. Ou à la rigueur pour désigner un bouquet d’oeillets, censé porter malheur…

Le bouc émissaire porte tous les péchés du monde sur son dos, de quoi le rendre chèvre.