Pourquoi dit-on « être dans le coaltar » ?

Pourquoi dit-on « être dans le coaltar » ?

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du coaltar pour la route

C’est une sensation que l’on ressent tous de temps en temps. L’impression de ne pas être bien réveillé, d’être un peu « dans le cirage », par exemple après une nuit trop courte ou au contraire une bonne vieille grasse matinée. Le « coaltar », en voilà un drôle de mot. Et pourtant il ne sort pas de l’argot ou d’un obscur patois, mais de l’anglais « coal » (charbon) et « tar » (goudron). Le coaltar (avec un « a ») est donc un goudron à base de houille, visqueux, très épais et marron foncé, limite noir.

Du goudron et des plumes

Les ouvriers, qui respiraient les vapeurs et émanations toxiques de ce doux produit à longueur de journée, pouvaient bien se sentir bizarre. Le coaltar servait entre autres au revêtement des routes, mais aussi à protéger et étanchéifier les coques de bateaux ou les murs des maisons. En Nouvelle-Calédonie, on utilise le verbe « coaltarer », en particulier quand on se fait épingler par la police. Une façon de dire « se faire punir », référence aux joyeuses coutumes en vigueur dans la marine : le coaltar servait à enduire un matelot défaillant, l’équivalent du « goudron et des plumes ».

 Le petit bonus : certains shampooings ou savons contiennent encore du goudron de houille, alors attention au coup de coaltar après la douche.

coaltar