Pourquoi dit-on « rester sur le carreau » ?

Pourquoi dit-on « rester sur le carreau » ?

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Un valet qui préfère rester sur le carreau. Être sur le carreau pourrait venir du mot carrel, qui signifie "rue" par extension.

Il ne fait jamais bon être (et encore moins rester) « sur le carreau ». Cela signifie dans le meilleur des cas être laissé de côté, et dans le pire être sérieusement blessé, voire tout simplement passer l’arme à gauche. Comme souvent, l’origine de cette expression est fort, fort lointaine. Dès le XIIe siècle, le « carrel » désigne un pavé de terre cuite recouvrant le sol des maisons. L’expression « être tué sur le carrel » apparaît au XVe siècle, pour dire que quelqu’un était mort dans la rue, gisant sur les pavés. Voilà pour l’image un peu « hard ».

Rester sur le carreau de la mine

La version légèrement plus « soft » renvoie à l’univers des mineurs de fond. Avant d’aller au charbon, c’est-à-dire de descendre dans les puits, les mineurs étaient réunis dans un endroit appelé « carreau de la mine ». Les (mal)heureux élus pouvaient partir travailler : ils avaient le droit de s’encrasser les poumons de silice pour un salaire de misère. Les autres, tout aussi malheureux, étaient laissés de côté et « restaient sur le carreau ». L’expression n’a en tout cas aucun lien avec la pétanque, les jeux de cartes ou le redoutable « carreau » de l’arbalète, qui en a pourtant laissé plus d’un sur le carrel.

Des mineurs attendant sur le carreau de la mine. D'où l'expression rester sur le carreau.
Des mineurs attendant sur le carreau
Le petit bonus : une autre piste conduit aux risibles courtisans qui piétinaient sur le carreau de l’entrée, à la porte, sans pouvoir accéder au monarque. A vous de choisir la version qui vous plaît.

Des courtisans restent sur le carreau en attendant que le roi daigne les recevoir.