Pourquoi dit-on « à brûle-pourpoint » ?

Pourquoi dit-on « à brûle-pourpoint » ?

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L'expression à brûle-pourpoint

Désolé de poser la question à brûle-pourpoint, mais elle nous brûlait les lèvres. Quand on dit quelque chose « à brûle-pourpoint », c’est de façon brusque, soudaine et parfois sans ménagement. L’expression remonte au XIIIe siècle, et ne s’utilise plus beaucoup. Il est en effet plutôt rare, dans une cour d’école par exemple, d’entendre : « Vas-y bouffon, pourquoi tu m’insultes à brûle-pourpoint ? »

La formule est empruntée au vocabulaire militaire, quand on « tirait à brûle-pourpoint ». Le pourpoint était une veste matelassée portée au Moyen-Âge et à la Renaissance, qui recouvrait le corps du cou jusqu’en dessous de la ceinture. Tirer à brûle-pourpoint signifiait à bout-portant, et même à bout touchant. Le canon des armes à feu (qui fonctionnaient encore avec de la poudre) laissait en général une jolie brûlure sur le vêtement de la victime, qui elle n’avait pas le temps de réagir, prise au dépourvu. Avec le temps, c’est cette image de soudaineté, d’effet de surprise qui est restée, considérant peut-être que si l’on peut tirer sur quelqu’un à bout pourtant, c’est que celui-ci n’a pas vu le coup venir…

Le petit bonus : ce que l’on dit à brûle-pourpoint n’est pas forcément négatif. D’après le Littré, il peut très bien s’agir d’un compliment, voire d’un éloge.

pourpoint de Charles de BloisLe pourpoint de Charles de Blois