Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?

Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?

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Un repas à la bonne franquette : un peu de pâté de campagne, une miche de pain, un bon verre de vin et le tour est joué. L'expression à la bonne franquette voulait à l'origine dire "en toute franchise".

Manger « à la bonne franquette », c’est faire un repas tout simple, ne pas chercher de frais, ne surtout pas mettre les petits plats dans les grands. Quand vous invitez vos potes pour une soirée pizzas-bière-foot, ou que vous sortez le barbecue avec les voisins, c’est en général « à la bonne franquette », sans chichis. D’ailleurs c’est un peu une formule magique. Pour le/la cuisinier(e), elle L'enseigne du restaurant "La bonne franquette" à Montmartre, symbole de la gastonomie à la française, à la fois simple et raffinée.permet de s’enlever la pression d’un repas trop sophistiqué en annonçant la couleur. Et pour les pique-assiettes, c’est aussi une excellente technique pour s’incruster à l’improviste, en rassurant son hôte : « Tu n’avais pas prévu ? Oh t’inquiète, on fait ça à la bonne franquette, hein… ».

« En toute franchise »

Le mot « franquette » (ou « flanquette ») est un dérivé de « franc », et vient du patois normand et picard, du « Grand Nord » en somme… Au XVIIe siècle, on disait « à la franquette » tout court, ce qui voulait dire « en toute franchise ». La forme actuelle n’est apparue qu’un siècle plus tard, l’idée de franchise se transformant au fil du temps en simplicité. D’après le linguiste Claude Duneton, l’expression « à la bonne franquette » a pu apparaître en opposition à une autre formule : « à la française », qui voulait dire strictement le contraire. A savoir de façon très formelle, et même luxueuse. Encore un paradoxe « so frenchy ».

Pas envie de passer des plombes derrière les fourneaux ? Voici 30 idées de recettes à la bonne franquette…

Le petit bonus : quand vous débarquez chez quelqu’un avec une piquette à 2 euros de chez « Franprix » et un paquet de chips (on le fait tous), là ce n’est plus de la bonne franquette, c’est juste abusé…
Le déjeuner sur l'herbe de Manet, un repas à la bonne franquette.
« Le déjeuner sur l’herbe » de Manet (1863) / Texte : Beekoz