Qui a dit : « Il faut faire payer les pauvres, ils sont...

Qui a dit : « Il faut faire payer les pauvres, ils sont plus nombreux » ?

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"Il faut taxer les pauvres, ils sont plus nombreux" : une phrase digne de Picsou qui nage dans son or

C‘est le type de phrase qu’on attribuerait facilement à Coluche ou Desproges. Sauf que celle-ci n’a rien d’une plaisanterie, elle a même été prononcée le plus sérieusement du monde par un certain Joseph Caillaux. En 1907, alors ministre des Finances de Clémenceau, ledit Caillaux lâcha cette petite perle : « Faîtes payer les pauvres ! Bien sûr, les riches ont la capacité de supporter des impôts bien plus lourds, mais les pauvres sont tellement plus nombreux ». Un constat d’une logique absolument implacable. On doit d’ailleurs tous beaucoup à ce cher Caillaux, puisqu’il fut l’un des instigateurs de l’impôt sur le revenu.

Sans la liberté de blâmer…

Mais le plus intéressant chez Joseph Caillaux, c’est encore sa femme Henriette. Car c’est surtout elle qui est restée dans l’Histoire, pour un tragique épisode. En 1914 le directeur du « Figaro », Gaston Calmette, engage une violente campagne de presse contre la politique du ministre des Finances de l’époque. Déjà bien échaudée, Henriette craque complètement quand le journal publie des lettre intimes. Elle fait irruption dans le bureau de Calmette et l’abat de six balles (enfin quatre, deux manquant leur cible). Elle sera finalement acquittée, l’assassinat prémédité étant requalifié en « crime passionnel ». Une chose est sûre, Madame Caillaux ne partageait pas la célèbre devise du Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Le petit bonus : aujourd’hui, à l’heure de la « twittocratie », ce genre de déclaration serait un sacré Caillaux dans la chaussure du Président…
Henriette Caillaux tire sur Gaston Calmette. Elle n'avait pas apprécié la campagne de presse du patron du Figaro contre son mari
Henriette Caillaux vide son chargeur sur Gaston Calmette, directeur du « Figaro » / Beekoz